L'après 14 juillet

L’auteur de “l’après 14 juillet”

par admin le juin.28, 2009, sous Auteurs, F. Guillet, L'après 14 juillet, Publications

Fabrice Guillet

Fabrice Guillet

Fabrice Guillet à 40 ans. Il vit en banlieue parisienne avec sa femme et ses deux filles.

Quand il n’écrit pas de roman, il rédige des articles, anime des ateliers d’écriture pour les enfants, gère deux blogs et s’engage au quotidien pour la vie de son quartier.

Il aime Gone, baby, gone, Blanc comme neige, Si c’est un homme, Le retour à la terre, Mangeclous, Le pendule de Foucault, Un peu plus loin sur la droite, Histoire d’os, Le chameau sauvage, Tout se paye, Un pays à l’aube, Saga, mais aussi Les écorchés, Let it be, Thunder road, The partisan, Alive, Such great heights, Colorblind,  Man in black, London calling sans oublier Full metal jacket, le septième sceau, Casino royale, Garden state, Shrek, Magnolia, Le paltoquet ou encore le Bowmore, lancer de  nouveaux projets, jouer, Eugène Riguidel, la bière, les gens engagés, les copains, parler avec des gens plus intelligents que lui, le foot, se déplacer à vélo et comprendre le fonctionnement du monde.

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Vidéo de présentation de l’après 14 juillet

par admin le juin.28, 2009, sous L'après 14 juillet, Vidéos

http://www.dailymotion.com/videox5klva
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Extrait de « L’après 14 Juillet» 

par admin le juin.19, 2009, sous L'après 14 juillet, Publications

couv après 14 juillet
« Je filai couper le sifflet à la chaîne qui continuait à diffuser une musique bien trop sautillante pour un tel instant. La télécommande dans la main, je mis le son du téléviseur. Les commentateurs étalaient tranquillement ce qu’ils faisaient passer pour leur culture personnelle. Charles m’avait raconté que l’armée fournissait des dossiers de presse contenant une documentation telle qu’un enfant de 12 ans aurait pu tenir l’antenne toute la matinée. Il soutenait que même moi, j’en serais capable. Pas sûre pour autant que l’armée aurait apprécié ma vision…
À l’image, une énorme abeille à pales me rappelait les films de guerre américains. N’était-ce pas avec ces hélicoptères qu’ils évacuaient les blessés du Viêt-Nam ?
Cet horrible monstre mécanique était bien plus imposant que le « modèle » de Charles et volait seul devant les autres. L’armée ne disposait-elle que d’un seul exemplaire ou cherchait-elle à montrer son caractère unique pour le vendre aux armées du monde entier ?
Je ne m’attendais pas à un si grand nombre d’appareils. De types différents, leur chorégraphie était parfaitement réglée. Le réalisateur changeait souvent de caméra, m’empêchant de repérer Charles. D’autant qu’à mes yeux, presque tous les hélicoptères se ressemblaient. Ils pourraient faire des efforts pour me montrer davantage mon frère, tout de même ! Rien que pour moi !
— Mais… !
Je tressaillis en entendant la réaction étouffée du commentateur. Il y avait un problème. Le réalisateur eut besoin d’une ou deux secondes avant de parvenir à montrer ce qui causait une telle stupéfaction. Un hélicoptère semblait en difficulté dans le ciel de Paris. Il ne volait plus avec les autres, mais piquait dangereusement du nez. Il était penché sur la droite, comme si ce côté pesait trop lourd. Les pales étaient loin de leur axe horizontal habituel.
J’avais déjà vu les prouesses acrobatiques des pilotes d’hélicoptères lors de meetings aériens où Charles m’emmenait, ou plutôt me traînait, mais je savais que ce n’était pas le cas ici. Le pilote était en danger, et j’étais terrifiée à l’idée qu’il ne parvienne pas à reprendre le contrôle de son appareil…
Etait-ce une Gazelle ? J’en avais la conviction. Pourtant, il était difficile de le déterminer avec certitude tant la position inclinée gênait l’identification. La ressemblance était forte, malgré tout. Ce devait en être une, je le sentais. Elle était sortie de son rang ; on ne pouvait connaître sa position dans le chevron. Et donc confirmer s’il s’agissait de l’appareil de Charles.
Je ne respirai plus, les yeux rivés sur l’appareil que la caméra tentait, tant bien que mal, de suivre. Il piquait vers le sol, tordu vers la droite. Sa trajectoire semblait rectiligne, comme si le pilote ne parvenait pas à empêcher la chute de son hélicoptère. Je l’y encourageai, les dents serrées, comme si j’accomplissais un effort pour l’aider.
Comme des millions de Français au même instant, je retins mon souffle, priant pour qu’un miracle ait lieu sous nos yeux et que le pilote redresse enfin son appareil.
— Oh, mon Dieu…, gémit un des commentateurs.» 

Autre extrait :

« Au moment où je franchissais la porte, le policier me rappela :
— Vous n’avez rien remarqué ? Vous n’avez rien touché ?
J’étais frappée par l’acuité dont il faisait preuve. Je me rapprochai de lui, gagnant ainsi les secondes nécessaires à ma réponse :
— Si, bien sûr, j’ai emporté dans mon sac les bustes de Ben Laden en marbre. J’ai brûlé les plans d’invasion d’une armée extra-terrestre. Et vous n’imaginez pas toutes les pièces à conviction que j’ai dû avaler pour éviter que vous ne les trouviez.
Je lui fis face, le temps qu’il comprenne que je ne serais pas une adversaire facile à écraser. J’utilisai pour cela mon expérience d’athlète, comme lorsque nous cherchions à impressionner nos concurrentes avant une finale importante.
Le policier refusa toutefois cette confrontation en me gratifiant d’un sourire, confirmé par une lueur amusée dans le regard. Il se retourna vers ses adjoints, qui gardaient leur regard menaçant pointé vers moi.
— À demain, Mademoiselle Meghar…
Je tournai les talons, si tant est que l’on puisse évoquer ainsi mes vieilles baskets. Je pouvais partir la tête haute, contente de lui avoir montré qui j’étais, mais surtout de lui avoir ôté l’idée de fouiller mon sac. Je mis celui-ci sur mon dos. Je ne ressentais rien. J’étais vide.
— Sacré caractère, entendis-je un des policiers prononcer à mi-voix alors que j’entrais dans l’ascenseur.» 
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